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Benny Lévy

Directeur de l'Institut d'études lévinassiennes.

 

Interventions pour l'Institut d'études lévinassiennes

Année 2003-2004
radio
L'Autre Rive n°10 : La laïcité
radio
L'Autre Rive n°11 : Le Juif du Kippour / Au nom de l'Au...
radio
L'Autre Rive n°14 : Extrait du séminaire sur la Pensée ...

Année 2002-2003
cours
Lévinas et le(s) sionisme(s)
débat
La Confusion des temps
radio
L'Autre Rive n°1 : La confusion des temps
radio
L'Autre Rive n°2 : Hommage à David Gritz
radio
L'Autre Rive n°3 : Boycott des universités israéliennes
radio
L'Autre Rive n°4 : Débat sur le séminaire de Jean-Claud...
radio
L'Autre Rive n°5 : Le parti unique de l'universel
radio
L'Autre Rive n°6 : Le débat de Bruxelles
radio
L'Autre Rive n°7 : Qui a tué Daniel Pearl?
radio
L'Autre Rive n°8 : La tentation de la tentation
radio
L'Autre Rive n°9 : Le thème du retour chez Heidegger à ...
séminaire
La pensée du Retour-Après Rosenzweig et Lévinas

Année 2001-2002
cours
Lévinas entre le grec et l'hébreu
débat
La question de la laïcité
séminaire
La philosophie de la révélation : Schelling, Rosenzweig...

Année 2000-2001
débat
La Mémoire, l'Oubli, Solitude d'Israël
séminaire
Le Temps: de la Phénoménologie à l’Eschatologie messian...

 

Bibliographie

Être juif, Verdier, 2003
La cérémonie de la naissance, Verdier, 2005, 128 p.
La confusion des temps, Verdier, 2004, 96 p.
Le livre et les livres. Entretiens sur la laïcité, Verdier, 2006, 186 p.
Le logos et la lettre, Verdier, 1988, 189 p.
Le meurtre du Pasteur, Grasset, 2002*
Le Nom de l'homme, dialogue avec Sartre, Verdier, 1990
L'Espoir maintenant, Verdier, 1991, 100 p.
On a raison de se révolter, Gallimard, 1974*
Visage continu, Verdier, 1998, 140 p.

 

Biographie :

par Eric Ayoun, Corbières matin, août 1996

Benny Lévy est né le 28 août 1945 au Caire (Égypte). Il a suivi les cours de l'École Normale Supérieure d'Ulm de 1965 à 1970. Il a été le secrétaire de Jean-Paul Sartre de l'automne 1974 jusqu'à la mort de l'écrivain en 1980.

Chargé de cours à l'Université Paris VII de 1975 à 1980. Assistant associé à l'Université Paris VII de 1980 à 1989. Il a obtenu un doctorat de 3e cycle en histoire de la philosophie à la Sorbonne en novembre 1985. Contractuel en philosophie à l'Université François Rabelais de Tours de 1989 à 1993. Maître de conférences à l'Université Paris VII de 1993 à 1997.

Il est conseiller de direction de la collection " Les Dix Paroles " aux éditions Verdier depuis 1979.

Parler de Benny Lévy, c'est nécessairement en parler à partir d'une conjoncture. Parce qu'il est essentiellement œuvre d'existence, on ne le croise qu'à partir d'une autre existence, à partir d'une rencontre imprévisible, du pur hasard de la conjoncture, celle-là même qui porte la marque du divin. En ce sens, il est le vrai fils de l'existentialisme, et en ce sens encore, l'existentialisme n'est pas un athéisme.

Je suis de ceux qui ont croisé par hasard Benny Lévy, alors j'écris.

Pierre Victor, Benny Lévy. Le passage de l'un à l'autre est l'œuvre de Sartre. Mais ce n'était encore qu'une amorce. L'autre, véritablement, est l'œuvre de Lévinas. Il aura pourtant fallu que les choses se réveillent à partir de soi. C'est du sein de la pensée occidentale que pouvait naître le trouble : l'être est-il structuré par la pensée ? N'est-il pas possible que les pensées divergent à partir d'un fondement solide dans l'être ? L'écart entre l'être-structuré et l'être-fondement, c'est justement le non-juif que Sartre a su lire dans le blanc du nom de Pierre Victor. C'était sans doute une nouvelle et plus profonde lecture des Réflexions sur la question juive. Là est toute la grandeur de Sartre, au dire de Benny lui-même. Revenir en ce point de divergence, c'est le principe juif de la techouva, c'est le retour à soi à travers l'expérience existentielle de l'être. Là est la grande découverte de Benny et peut-être son enseignement. Il n'y a donc pas de rupture. L'esprit fougueux des années soixante-huit ne change fondamentalement pas. La fougue devient cette soif intarissable de la connaissance de l'Arbre de vie. Dans la poussière qui s'élève sous les pas de la révolution, se trouve déjà en puissance une volonté d'arracher au monde son horizon eschatologique. Prophétie dans l'inconscience, rêve d'une éternité heureuse où, comme dirait Lévinas, l'achèvement du temps n'est pas la mort, mais le triomphe messianique où le perpétuel se convertit en éternel.

Mais cette inconscience a révélé que l'attente d'un avenir meilleur n'est pas toute résignation. Elle est pleine de vitalité, parce qu'un avenir sans racines dans les entrailles du présent, n'est qu'un pur imaginaire. Revenir en ce point de divergence, c'est comprendre qu'aucune totalité ne peut contenir les excès de l'exigence humaine. Seul un cadre où la détermination des lettres dévoile et conditionne une ouverture vers l'infini - et cela en vertu de l'origine même de ces lettres - pouvait satisfaire cette surabondance. Ce cadre, cette satisfaction, cette farouche opposition de Lévinas à la totalité hégélienne, sont toutes autant de conditions où se détermine l'horizon nouveau de Benny dans sa conscience juive. Désormais, l'apparent conflit entre le logos et la lettre se traduira dans les termes d'universel et singularité d'Israël. Singularité refusant à l'universel son image de religion naturelle, qui trahit plutôt un point d'équilibre au milieu d'une extension sans fin. Merveille de l'harmonie qui n'occupe la moindre place, où Aristote n'y retrouverait nullement son juste milieu. Là est le secret du rapport intime entre la Révélation et les sept lois noahides. Benny, mieux que quiconque, est en mesure d'orienter sur ces questions si difficiles. Il achève, d'une certaine manière, une voie encore mal comprise et mal explorée, celle de Rozensweig.

Eric Ayoun, Corbières matin, août 1996

 


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