Cahiers d'études lévinassiennes n° 21

La modernité

23 €

198 pages

Paru le 25 juin 2026

Carine Brenner et Romain Buin, « Présentation »

LA MODERNITÉ

Pierre Caye, « L’intempestif »

Gilles Hanus, « Devancer le présent : réflexions sur la modernité »

René Lévy, « L’esprit et la lettre. La querelle des Anciens et des Modernes »

Ivan Segré, « Le nom d’une femme, ou la modernité d’un sens ésotérique de l’Écriture »

HOMMAGE

Emmanuel Levine, « François-David Sebbah et l’épreuve de la survie »

TEXTES

Franz Rosenzweig, « Lettre à ses parents du 20 septembre 1917 »

Gilles Hanus, « Le philosophe et les charmeurs de serpent »

RECENSIONS

BIBLIOGRAPHIE

CITATIONS

Si le substantif « modernité » a fini – certes au prix d’une série d’abstractions plus ou moins légitimes – par désigner une dynamique propre à une époque historique de la culture occidentale, au point de se confondre avec cette époque qui se voit et se vit comme telle, ce terme, initialement, définit une attitude, et plus exactement une manière de se rapporter au temps. Mais ce rapport est ambivalent, car il est rapport au présent aussi bien qu’au passé.

Si la modernité caractérise ce qui est moderne et que le moderne est un rapport au présent, à l’actualité, à la nouveauté, c’est en tant que ce rapport en se conçoit en effet que sur fond d’un rapport à l’Ancien, voire à l’Antique : un rapport à l’Ancien fondé sur l’assimilation, comme si l’Ancien était transféré dans le Nouveau. Cette assimilation finit pas prendre les traits d’une liquidation, d’une rupture : l’Ancien y est avalé, c’est-à-dire englouti. Est moderne l’attitude qui consiste à prendre de l’Ancien pour en faire du Nouveau, quand bien même cette reprise, qui se donne des airs de renouvellement intégral, ne serait qu’une répétition. En ce sens, la modernité qui caractérise l’Occident comme culture, loin de reposer sur une stricte séparation de l’Ancien et du Nouveau, n’est-elle pas une répétition qui prend les proportions d’une usurpation ? Le Nouveau n’est-il pas fondé sur le vol de l’Ancien ?

Telles sont les questions auxquelles nous avons invité nos contributeurs à réfléchir dans cette vingt-et-unième livraison des Cahiers d’étude lévinassiennes.